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13.01.2006
Chronique sans fin
Littoral est une piece écrite par Wajdi Mouawad. Elle parle d'un jeune homme qui apprend, pendant une nuit de débauche, la mort de son pere qu'il n'a pas revu depuis sa naissance, ou presque. Sa mere étant morte en couche, il doit seul s'occuper d'enterrer son pere, et de deterrer son passé.
Deja conquises l'année derniere avec le poignant Incendies, Ludivine et moi nous sommes précipitées au théatre jeudi soir en apprenant que Wajdi nous revenait avec une nouvelle oeuvre, mise en scene par Magali Léris. Rien ne pouvait gacher notre soirée. J'avais reussi mon crénau, les places nous attendaient au chaud, et il y avait meme un bus de carthésien avec Marie-Marthe, notre bien aimée bibliotécaire qui nous manque terriblement dans le moche CDI de Blaise. Biens placées au premier balcon, nous fremissions d'impatience. Et, quand la lumiere s'éteignit et que Wilfried entra sur scene, je replongeait avec délice dans l'univers du théatre. La premiere partie est drole, avec une mise en scene originale, des acteurs encore heureux de jouer, un chevalier de Guiroméland qui nous donne envie d'etre une princesse dans la pus haute chambre de la plus haute tour. Aprés un petit entracte, la deuxieme partie s'enchaine, émouvante, avec un autre rythme, un autre pays, le meme décor. L'intrigue avance, se denoue au fur et à mesure. Nous attendons l'apotéose, la clé de toute l'histoire, le lieu propisce à l'enterrement du corp. Ils l'ont trouver, ça y est, ils vont le mettre à la mer... mais il faut d'abord faire ses adieux au cadavre. Au pere. Une scene magnifique se prépare. Et, alors qu'elle commence, un drole de bruit retentit dans le théatre. Comme si une ambulance était entrée dans le théatre, siréne à plein poumons. Les acteurs continuent, le public s'interroge... Lorsqu'une voix grave nous invite, nous ordonne d'évacuer les lieux à cause d'une alerte incendie. Nous nous regardons, perplexe. Ce n'est pas une mauvaise blague, non, il nous faut nous lever et sortir du théatre. Les comédiens, aprés s'etre concertés du regard, quitte la scene, dépités. Nous voila donc, sur les marches du vieu batiment qui n'a pas du tout l'air de bruler. La responsable de la comédie sort, nous expliquant, avec un air navré qu'elle ne sait pas ce qui s'est passé, mais que les pompiers font le tour et que les comédiens sont pret à reprendre. Ouf, nous verrons la fin. Mais personne ne sait ce qu'il s'est passé. Apparement, cela ne peut pas etre quelqu'un qui a déclencher l'alarme car les couloirs sont surveillés... quoi qu'il en soit, on rerentre dans le hall, attendant avec impatience de retrouver nos siege, Wilfried, son pere, la mer. Tout ce petit univers ne tient qu'au coup de fil du pompier en chef. Coup de fil qui n'arrive pas...
Les comédiens sortent à leur tour, on leur a aussi expressement fait comprendre qu'il fallait évacuer. Mais ils sont applaudis sous un tonnerre d'applaudissement. Ils ont les larmes aux yeux. La metteur en scene sort avec eux, nous expliquant à regret que la fin du spectacle est annulé. Elle nous propose alors, dans le hall du théatre, une italienne (le filage du texte nldr). Mais meme ça, les pompiers le refusent, ils veulent voir tout le monde dehors. Malgrés leur avertissement pressant, la metteur en scene nous fait un rapide résumé de la fin, de la scene boulversante de la fin... et le cadavre accepte de nous faire, comme ça, sa derniere tirade, la derniere de la piece. Nous sommes tous la, collés les un aux autres, regardant avec des yeux brillants les comédiens qui, se mettant en "place" sur les escaliers du hall, jouent avec émotions la derniere tirade. Tonnerre d'applaudissement à nouveaux, pour la larme qui coule sur la joue du chevalier Guiromélans. Nous quittont enfin, au grand soulagement des pompiers, le hall de l'opéra,avec un gout amer dans la bouche, que nous semblont partagé avec les comédiens: celui d'un travail non finit, d'un monde laissé en suspension, d'une histoire non finit dont nous ne saurons jamais la fin.

14:54 Publié dans Day by Day | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
et de grosses boulettes violettes qui ont fait que glousser comme des bécasses pendant toute la pièce!!!!!!!!
Ecrit par : piou | 13.01.2006
y a qu'à toi que ça arrive ce genre de truc hein^^ ( faut trop qu'on trouve les parents terribles!)
Ecrit par : b'lette | 16.01.2006
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